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La distinction Cerveau Gauche - Cerveau Droit est dû à Roger Sperry (Prix Nobel). Ce neurobiologiste américain a été récompensé pour ses travaux sur le cerveau et sur ses recherches dans les compétences des 2 hémisphères. Il a identifié pour chacun des deux hémisphères cérébraux certaines particularités comportementales. Chaque hémisphère est en quelque sorte spécialisé pour certaines tâches plutôt que pour d'autres. Chaque personne a bien sûr les deux hémisphères, dont elle peut utiliser toutes les qualités. L’expérience montre que chez certains, une tendance à favoriser un hémisphère plus que l’autre est marquée. Ces caractéristiques peuvent évoluer avec le temps, de façon naturelle ou volontaire.
Cerveau GaucheLe Cerveau Gauche est orienté vers les aspects rationnels et logiques des choses et des actions. Il tend à vouloir maîtriser son environnement, qu'il "mesure " et décrit suivant des grilles, des modèles, ou des références qu'il a acquises dans le passé, souvent de source scientifique. Ainsi, il se distancie de la réalité, mettant entre lui et elle un filtre de rationalité et d'objectivation. Si nous favorisons l'usage de notre Cerveau Gauche, nous apprécions les approches et les comportements logiques, structurés, prévus et nous tendons à fonctionner dans les habitudes. L'usage du Cerveau Gauche est particulièrement bien adapté à tous les domaines qui demandent des informations objectives, de la structure, de la planification et des actions maîtrisées. Le Cerveau Gauche nous permet une compréhension détaillée et rationnelle, basée sur la logique et sur les faits. Il fonctionne en faisant le plus possible abstraction des éléments imprévisibles, subjectifs et affectifs. L'utilisation du Cerveau Gauche peut nous rendre fortement prévisible. Cette particularité est d'ailleurs recherchée par les personnes privilégiant le Cerveau Gauche, garantissant ainsi une maîtrise et une prédictibilité des événements. Les personnes fonctionnant de manière privilégiée sur le mode Cerveau Gauche, montrent souvent un goût prononcé pour la précision, l'ordre, et les activités opérationnelles. Le Cerveau Gauche est généralement plus orienté vers les tâches, vers les objectifs à atteindre, dans une dynamique volontariste, qui ne tient pas compte de leurs désirs propres. Ce qui va l'intéresser est de l'ordre des faits, des dates et des chiffres, informations dont il peut se servir pour aboutir dans ses projets. Sa capacité de discrimination est aidante dans la gestion du stress, en ce sens que, d'une part elle permet d'objectiver les choses réelles, donc de distinguer le subjectif de la réalité, et d'autre part, elle nous guide dans une compréhension du type problème – solution, propre à mettre en mouvement la résolution des problèmes. Une suractivation du Cerveau Gauche peut conduire à une sorte de déni de notre dimension sensible et affective. Cela amène généralement à des difficultés relationnelles, surtout pour les interlocuteurs, le Cerveau Gauche n'étant pas par nature fortement attiré par la relation. Cette suractivation peut aussi nous amener à oublier nos propres besoins en privilégiant les tâches et le devoir à l’excès. Une sous-activation du Cerveau Gauche se manifeste généralement dans une forme de déni de réalité, où la part sensible et subjective prend le pas sur les faits. A l’usage, ceci se révèle générateur d'émotions contre-productives, et donc de stress. D'autre part, le manque d'utilisation du Cerveau Gauche rend généralement la personne imprévisible, incohérente, ce qui se traduit en conséquence par des difficultés relationnelles et des conflits. Idéalement, nous avons intérêt à mobiliser les qualités de chaque hémisphère de manière adaptée à chaque situation.
Cerveau DroitLe Cerveau Droit se caractérise par une attirance pour les aspects sensibles et subtils des choses. Il fait la part belle au vécu subjectif et affectif des situations, et la priorité est donnée à l'intention qui est déduite et interprétée des faits, au-delà des faits eux-mêmes : c'est l'intention qui compte, pas le réel. Du coup, le Cerveau Droit est par essence intéressé à ce qu'il est possible de faire dans un contexte donné, à l'inverse du Cerveau Gauche qui lui s'intéresse aux limites, c'est-à-dire à ce qu’il n'est pas possible de faire. Savoir qu'il est possible de faire des choses est souvent suffisant pour le Cerveau Droit. Il représente une partie importante de notre dimension sociale, de la relation en général et des contacts avec les gens. La priorité pour une personne favorisant le Cerveau Droit réside souvent dans la qualité des relations en tout premier lieu, et en seconde intention à la nature même des choses. Il est fréquent qu'une personne favorisant l'usage du Cerveau Droit refuse de travailler avec un expert (généralement Cerveau Gauche), justifiant cette position par la moindre qualité relationnelle du collaborateur. Le Cerveau Droit étant analogique (c’est-à-dire orienté d’abord vers la forme, à l'inverse du Cerveau Gauche qui est numérique, c'est-à-dire intéressé par le fond), on le retrouve plus fréquemment dans les professions à dimensions commerciales, sociales, artistiques, ainsi qu’à tout ce qui touche de près ou de loin les relations. Plutôt intuitif ou instinctif par nature, il excelle dans les interactions et les actions dans l’instant, là où le Cerveau Gauche a toujours besoin de temps pour réfléchir et prendre des décisions. La personne qui a une préférence pour cet hémisphère peut s’engager à résoudre des problèmes, pour autant qu’elle se sente particulièrement motivée, et dans un contexte qui lui permettra d'obtenir une satisfaction personnelle. Manager des gens prioritairement Cerveau Droit, implique de savoir mobiliser ce qui les enthousiasme et les passionne. Il nous permet aussi d'envisager le futur de manière visionnaire, d’être inspirés par ses intuitions, de saisir les opportunités qui se présentent, à la différence du Cerveau Gauche, qui définit son futur avec des objectifs précis et bâtit un plan d’action pour les atteindre. Le Cerveau Droit nous connecte à la vie, à ses côtés agréables, à ce qui est essentiel pour nous sur un plan fondamental. Il n’est par contre pas adapté aux exigences de notre société qui est de plus en plus cartésienne, technocratique, complexe, basée sur des critères matérialistes et individualistes, typiques d’un emploi du Cerveau Gauche sans conscience. Il est à la base des revendications existentielles, de plus en plus nombreuses, "tirant la sonnette d'alarme" face à un quotidien allant à l'encontre du sens profond de l'humain. Une suractivation du Cerveau Droit peut mener à une approche pavée de bonnes intentions, très optimiste, voire illusoire, mais déconnectée de toute réalité objective. Si cela donne des personnes passionnantes, captivantes, qui font rêver, le quotidien et ses exigences plus terre-à-terre les rattrapent souvent de façon parfois brutale. Le Cerveau Droit ayant une propension à valoriser avant tout l’intention, les actes ne sont pas toujours au rendez-vous. De ce fait, les problèmes restent sans solutions et perdurent. Une sous-activation du Cerveau Droit peut, par contre, nous faire oublier que nous sommes avant tout des êtres sociaux, qui doivent être attentifs à leur environnement, au bien-être des autres et à la qualité avec laquelle nous vivons les choses. Un manque de Cerveau Droit nous prive de dimension essentielle dans l’accomplissement de nous-mêmes. Ainsi, nous nous privons de ces sources existentielles et fondamentales, constitutives de chaque être humain, que des aspects matériels ne peuvent en aucun cas remplacer. Il peut alors nous être reproché de fonctionner comme des robots ou des machines. Un fonctionnement sain est finalement une affaire d’équilibre et d’un usage complémentaire et dosé des Cerveaux Gauches et Droit, approprié suivant les situations.
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